{"id":13920,"date":"2021-12-16T17:31:00","date_gmt":"2021-12-16T16:31:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.meettheredbaron.com\/event\/selbst-abgeschossen\/"},"modified":"2025-02-27T14:05:37","modified_gmt":"2025-02-27T13:05:37","slug":"selbst-abgeschossen","status":"publish","type":"event","link":"https:\/\/www.meettheredbaron.com\/fr\/event\/selbst-abgeschossen\/","title":{"rendered":"Abattu par moi-m\u00eame"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab Abattu par lui-m\u00eame (mi-mars 1917) Abattu est en fait un terme impropre pour ce qui m&rsquo;est arriv\u00e9 aujourd&rsquo;hui. En g\u00e9n\u00e9ral, je n&rsquo;appelle \u00ab abattu \u00bb que celui qui s&rsquo;\u00e9crase, mais aujourd&rsquo;hui je me suis rattrap\u00e9 et je suis descendu sain et sauf. Je suis dans l&rsquo;escadron et je vois un adversaire qui vole \u00e9galement dans l&rsquo;escadron. Il est \u00e0 peu pr\u00e8s au-dessus de notre position d&rsquo;artillerie dans la r\u00e9gion de Lens. Il me reste encore une bonne partie du chemin \u00e0 parcourir avant d&rsquo;atteindre la zone. C&rsquo;est le moment le plus excitant, l&rsquo;approche de l&rsquo;ennemi, quand on voit d\u00e9j\u00e0 l&rsquo;ennemi et qu&rsquo;on a encore quelques minutes avant le combat. Je crois que mon visage devient alors toujours un peu p\u00e2le, mais je n&rsquo;ai malheureusement jamais emport\u00e9 de miroir. Je trouve ce moment agr\u00e9able, car il est tr\u00e8s excitant, et c&rsquo;est ce que j&rsquo;aime. On observe l&rsquo;adversaire de loin, on a identifi\u00e9 l&rsquo;escadrille comme ennemie, on compte les appareils ennemis, on p\u00e8se les moments d\u00e9favorables et les moments favorables. Par exemple, le fait que le vent me repousse de mon front ou me pousse vers mon front joue un r\u00f4le \u00e9norme. C&rsquo;est ainsi que j&rsquo;ai abattu une fois un [113] Anglais \u00e0 qui j&rsquo;avais tir\u00e9 le coup de gr\u00e2ce au-del\u00e0 des lignes ennemies, et il est tomb\u00e9 pr\u00e8s de nos ballons captifs, tellement la temp\u00eate l&rsquo;avait pouss\u00e9 loin. Nous \u00e9tions cinq, l&rsquo;ennemi \u00e9tait trois fois plus fort. Les Anglais volaient en d\u00e9sordre comme un grand essaim de moustiques. Faire \u00e9clater un tel essaim, qui vole si bien ensemble, n&rsquo;est pas facile, exclu pour un seul, extr\u00eamement difficile pour plusieurs, surtout lorsque les diff\u00e9rences de nombre sont aussi d\u00e9favorables que dans notre cas. Mais on se sent tellement sup\u00e9rieur \u00e0 l&rsquo;adversaire que l&rsquo;on ne doute pas un seul instant de la r\u00e9ussite certaine. L&rsquo;esprit d&rsquo;attaque, donc l&rsquo;offensive, est la chose principale, comme partout, dans les airs aussi. Mais l&rsquo;adversaire pensait de m\u00eame. Je devais m&rsquo;en rendre compte tout de suite. D\u00e8s qu&rsquo;il nous a vus, il a imm\u00e9diatement fait demi-tour et nous a attaqu\u00e9s. Pour nous, les cinq hommes, il fallait faire attention ! Si l&rsquo;un d&rsquo;entre eux tra\u00eene, il risque d&rsquo;avoir des ennuis. Nous nous sommes \u00e9galement regroup\u00e9s et avons laiss\u00e9 les hommes s&rsquo;approcher un peu. Je veillai \u00e0 ce que l&rsquo;un des fr\u00e8res ne s&rsquo;\u00e9loigne pas un peu des autres. L\u00e0, il y en a un qui est tellement b\u00eate. Je peux l&rsquo;atteindre. \u00ab Tu es un enfant perdu \u00bb. Sur lui en hurlant. Maintenant je l&rsquo;ai atteint ou je dois l&rsquo;atteindre tout de suite. Il commence d\u00e9j\u00e0 \u00e0 tirer, il est donc un peu nerveux. Je me suis dit : \u00ab Tu [114]tires, tu ne touches pas, apr\u00e8s tout ! \u00bb Il a tir\u00e9 avec une munition tra\u00e7ante qui est pass\u00e9e devant moi, visible. J&rsquo;avais l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre dans le c\u00f4ne d&rsquo;un arrosoir. Ce n&rsquo;est pas agr\u00e9able, mais les Anglais tirent presque tous avec cette substance commune, il faut donc s&rsquo;y habituer. L&rsquo;homme est un animal d&rsquo;habitude, car \u00e0 ce moment-l\u00e0, je crois que je riais. Mais j&rsquo;allais bient\u00f4t me rendre compte que j&rsquo;avais tort. Je suis maintenant presque tout pr\u00e8s, \u00e0 une centaine de m\u00e8tres, le fusil est arm\u00e9, je vise encore une fois, je fais quelques tirs d&rsquo;essai, les fusils sont en ordre. Cela ne peut plus durer longtemps. Dans mon esprit, je vois d\u00e9j\u00e0 mon adversaire s&rsquo;\u00e9crouler. L&rsquo;excitation de tout \u00e0 l&rsquo;heure est pass\u00e9e. On r\u00e9fl\u00e9chit calmement et objectivement, on \u00e9value les probabilit\u00e9s de r\u00e9ussite de lui et de moi. D&rsquo;ailleurs, le combat lui-m\u00eame est le moins excitant dans la plupart des cas, et celui qui s&rsquo;\u00e9nerve fait une erreur. Il n&rsquo;en abattra jamais un. C&rsquo;est aussi une question d&rsquo;habitude. En tout cas, dans ce cas, je n&rsquo;ai pas fait d&rsquo;erreur. Maintenant que je suis \u00e0 cinquante m\u00e8tres, quelques bons tirs et le succ\u00e8s ne pourra pas me faire d\u00e9faut. C&rsquo;est ce que je pensais. Mais tout \u00e0 coup, il y a une grosse d\u00e9tonation, j&rsquo;ai \u00e0 peine tir\u00e9 dix coups, et tout de suite apr\u00e8s, \u00e7a claque \u00e0 nouveau dans ma machine. C&rsquo;est clair, je suis touch\u00e9. Du moins ma machine, pas moi pour [115]ma personne. Au m\u00eame moment, il y a une odeur d&rsquo;essence monstrueuse et le moteur s&rsquo;essouffle. L&rsquo;Anglais s&rsquo;en aper\u00e7oit, car il tire d&rsquo;autant plus fort. Je dois l\u00e2cher imm\u00e9diatement. Il descend \u00e0 la verticale. J&rsquo;ai involontairement coup\u00e9 le moteur. Il \u00e9tait grand temps. Quand le r\u00e9servoir d&rsquo;essence est perc\u00e9 et que le produit gicle autour des jambes, le risque de br\u00fblure est grand. On a devant soi un moteur explosif de plus de cent cinquante \u00ab chevaux \u00bb, donc incandescent. Une goutte d&rsquo;essence et toute la machine s&rsquo;enflamme. Je laisse une tra\u00een\u00e9e blanche dans l&rsquo;air. Je la connais parfaitement chez l&rsquo;adversaire. Ce sont les signes avant-coureurs de l&rsquo;explosion. Je suis encore \u00e0 trois mille m\u00e8tres d&rsquo;altitude, j&rsquo;ai donc encore tout un bout de chemin \u00e0 faire jusqu&rsquo;\u00e0 la terre. Dieu merci, le moteur s&rsquo;arr\u00eate de tourner. Je ne peux pas calculer la vitesse que l&rsquo;avion atteint. Elle est en tout cas si grande que je ne peux pas sortir la t\u00eate sans \u00eatre pouss\u00e9 en arri\u00e8re par le courant d&rsquo;air. Je suis bient\u00f4t d\u00e9barrass\u00e9 de mon adversaire et j&rsquo;ai encore le temps, avant de redescendre sur terre, de voir ce que font mes quatre autres ma\u00eetres. Ils sont toujours en train de se battre. On entend les tirs de mitraillette de l&rsquo;adversaire et les leurs. Tout \u00e0 coup, une fus\u00e9e. Est-ce la fus\u00e9e d&rsquo;un adversaire ? Mais non. C&rsquo;est trop gros pour \u00e7a. [116]C&rsquo;est de plus en plus gros. Il y en a un qui br\u00fble. Mais lequel ? La machine ressemble exactement \u00e0 la n\u00f4tre. Dieu merci, c&rsquo;est un adversaire. Qui a pu l&rsquo;abattre ? Tout de suite apr\u00e8s, un deuxi\u00e8me avion sort de l&rsquo;escadrille, semblable \u00e0 moi, tombe \u00e0 la verticale, se retourne m\u00eame, se retourne encore &#8211; l\u00e0 &#8211; maintenant il s&rsquo;est rattrap\u00e9. Il vole tout droit vers moi. Un albatros aussi. Il s&rsquo;est certainement retrouv\u00e9 dans la m\u00eame situation que moi. Je suis encore \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres de hauteur et je dois regarder doucement autour de moi pour savoir o\u00f9 je veux atterrir. Car un tel atterrissage est souvent li\u00e9 \u00e0 une rupture. Et une telle rupture ne se passe pas toujours bien, donc &#8211; attention. Je trouve une prairie, pas tr\u00e8s grande, mais juste suffisante si l&rsquo;on fait un peu attention. En plus, elle est bien situ\u00e9e, juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la route d&rsquo;H\u00e9nin-Li\u00e9tard. C&rsquo;est l\u00e0 que je veux atterrir. Tout se passe bien. Ma premi\u00e8re pens\u00e9e est : o\u00f9 est l&rsquo;autre ? Il se pose \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de moi. J&rsquo;ai maintenant le temps de regarder les d\u00e9g\u00e2ts. Il y a quelques impacts, mais celui qui m&rsquo;a fait arr\u00eater le combat est celui qui a travers\u00e9 les deux r\u00e9servoirs d&rsquo;essence. Je n&rsquo;ai plus une goutte d&rsquo;essence dedans, le moteur est \u00e9galement touch\u00e9. Dommage pour lui, il tournait encore si bien. Je laisse mes jambes se balancer hors de la machine et j&rsquo;ai peut-\u00eatre fait une t\u00eate de [117] fou. Aussit\u00f4t, une foule de soldats s&rsquo;est rassembl\u00e9e autour de moi. Un officier arrive. Il est tout essouffl\u00e9. Tr\u00e8s excit\u00e9 ! Il lui est certainement arriv\u00e9 quelque chose de terrible. Il se pr\u00e9cipite vers moi, reprend son souffle et me demande : \u00ab J&rsquo;esp\u00e8re qu&rsquo;il ne vous est rien arriv\u00e9 ? J&rsquo;ai observ\u00e9 toute la sc\u00e8ne et je suis tellement excit\u00e9 ! Bon sang, \u00e7a avait l&rsquo;air horrible ! \u00bb Je lui ai assur\u00e9 que je n&rsquo;avais rien, j&rsquo;ai saut\u00e9 \u00e0 terre et me suis pr\u00e9sent\u00e9. Bien entendu, il ne comprit pas un mot de mon nom. Mais il m&rsquo;invita \u00e0 prendre sa voiture pour aller \u00e0 H\u00e9nin-Li\u00e9tard, o\u00f9 il logeait.\u00a0 C&rsquo;\u00e9tait un officier du g\u00e9nie. Nous sommes d\u00e9j\u00e0 dans la voiture et nous d\u00e9marrons. Mon h\u00f4te ne s&rsquo;est toujours pas calm\u00e9. Soudain, il sursaute et demande : \u00ab Bon sang, o\u00f9 est donc votre chauffeur ? \u00bb. Au d\u00e9but, je ne savais pas vraiment ce qu&rsquo;il voulait dire, je le regardais sans doute avec un peu de confusion. Puis j&rsquo;ai compris qu&rsquo;il me prenait pour l&rsquo;observateur d&rsquo;un avion biplace et qu&rsquo;il me demandait mon pilote. Je me suis vite ressaisi et j&rsquo;ai r\u00e9pondu s\u00e8chement : \u00ab Je voyage seul \u00bb. Le mot \u00ab conduire \u00bb est mal vu dans l&rsquo;aviation. On ne conduit pas, on \u00ab vole \u00bb. Aux yeux de ce brave monsieur, j&rsquo;avais d\u00e9cid\u00e9ment visiblement baiss\u00e9 par le fait que je \u00ab conduis \u00bb seul. La conversation devint un peu plus cassante. [118]Nous voil\u00e0 arriv\u00e9s dans ses quartiers. Je porte toujours mon blouson de cuir gras sale, une grosse \u00e9charpe autour de moi. En chemin, il m&rsquo;a bien s\u00fbr assailli d&rsquo;une infinit\u00e9 de questions. D&rsquo;ailleurs, tout ce monsieur \u00e9tait nettement plus excit\u00e9 que moi. Il m&rsquo;obligea \u00e0 m&rsquo;allonger sur un canap\u00e9, ou voulut le faire en me disant que je devais \u00eatre encore tr\u00e8s \u00e9nerv\u00e9e par mon combat. Je lui assurai que je m&rsquo;\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 battu en l&rsquo;air, ce qui ne lui vint pas \u00e0 l&rsquo;esprit. Je n&rsquo;avais certainement pas l&rsquo;air tr\u00e8s belliqueux. Apr\u00e8s avoir discut\u00e9 un peu, il en vient naturellement \u00e0 la fameuse question : \u00ab Avez-vous d\u00e9j\u00e0 abattu quelqu&rsquo;un ? \u00bb Comme je l&rsquo;ai dit, il n&rsquo;avait pas entendu mon nom. \u00ab Ah oui, \u00bb ai-je r\u00e9pondu, \u201cde temps en temps\u201d. \u00ab Alors &#8211; alors vous en avez d\u00e9j\u00e0 abattu deux ? \u00bb \u00ab Non, mais vingt-quatre \u00bb. Il sourit, r\u00e9p\u00e8te sa question et dit que par \u00ab abattu \u00bb, il entendait quelqu&rsquo;un qui \u00e9tait tomb\u00e9 et \u00e9tait rest\u00e9 en bas. Je lui ai assur\u00e9 que c&rsquo;\u00e9tait aussi ma conception de la chose. L\u00e0, j&rsquo;\u00e9tais au fond du trou, car il me prenait pour un grand fanfaron. Il m&rsquo;a fait asseoir et m&rsquo;a dit qu&rsquo;on mangeait dans une heure et que, si j&rsquo;\u00e9tais d&rsquo;accord, je pouvais me joindre au repas. J&rsquo;ai donc profit\u00e9 de son offre et je me suis endormi pendant une heure. Puis nous sommes all\u00e9s au [119] casino. L\u00e0, je me suis d\u00e9shabill\u00e9 et j&rsquo;avais heureusement mon Pour le m\u00e9rite. Mais malheureusement, pas de veste d&rsquo;uniforme en dessous, juste un gilet. Je m&rsquo;excuse de ne pas \u00eatre mieux habill\u00e9 et, tout \u00e0 coup, mon bon chef d\u00e9couvre sur moi le Pour le m\u00e9rite. Il reste sans voix d&rsquo;\u00e9tonnement et m&rsquo;assure qu&rsquo;il ne sait pas comment je m&rsquo;appelle. Je lui dis \u00e0 nouveau mon nom. Il sembla alors se rendre compte qu&rsquo;il avait d\u00e9j\u00e0 entendu parler de moi. On me donna des hu\u00eetres et du champagne \u00e0 boire et je v\u00e9cus plut\u00f4t bien jusqu&rsquo;\u00e0 ce que Sch\u00e4fer vienne me chercher avec ma voiture. Il m&rsquo;a appris que L\u00fcbbert avait une fois de plus fait honneur \u00e0 son surnom. En effet, on l&rsquo;appelait \u00ab Kugelfang \u00bb, car \u00e0 chaque combat a\u00e9rien, sa machine \u00e9tait s\u00e9rieusement malmen\u00e9e. Une fois, elle avait \u00e9t\u00e9 touch\u00e9e \u00e0 soixante-quatre reprises, sans qu&rsquo;il soit lui-m\u00eame bless\u00e9. Cette fois, il avait re\u00e7u une \u00e9raflure \u00e0 la poitrine et \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital. J&rsquo;ai pilot\u00e9 son avion jusqu&rsquo;au port. Malheureusement, cet excellent officier, qui avait tout pour devenir un Boelcke, est mort quelques semaines plus tard en h\u00e9ros pour la patrie. Le soir, je peux encore informer mon h\u00f4te d&rsquo;H\u00e9nin-Li\u00e9tard que j&rsquo;ai fait un quart de cent aujourd&rsquo;hui \u00bb.<\/p>\n","protected":false},"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","event-type":[240],"source-language":[259],"source-id-tax":[291],"class_list":["post-13920","event","type-event","status-publish","hentry","event-type-air-combat-fr","source-language-allemand-fr","source-id-tax-der-rote-kampfflieger-von-rittmeister-manfred-freiherrn-von-richthofen-1917-351-000-400-000-verlag-ullstein-co-berlin-wien-fr","entry","no-media"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.7 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Abattu par moi-m\u00eame - Meet The Red Baron<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Selbst abgeschossen. 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En g\u00e9n\u00e9ral, je n'appelle \u00ab abattu \u00bb que celui qui s'\u00e9crase, mais aujourd'hui je me suis rattrap\u00e9 et je suis descendu sain et sauf. Je suis dans l'escadron et je vois un adversaire qui vole \u00e9galement dans l'escadron. Il est \u00e0 peu pr\u00e8s au-dessus de notre position d'artillerie dans la r\u00e9gion de Lens. Il me reste encore une bonne partie du chemin \u00e0 parcourir avant d'atteindre la zone. C'est le moment le plus excitant, l'approche de l'ennemi, quand on voit d\u00e9j\u00e0 l'ennemi et qu'on a encore quelques minutes avant le combat. Je crois que mon visage devient alors toujours un peu p\u00e2le, mais je n'ai malheureusement jamais emport\u00e9 de miroir. Je trouve ce moment agr\u00e9able, car il est tr\u00e8s excitant, et c'est ce que j'aime. On observe l'adversaire de loin, on a identifi\u00e9 l'escadrille comme ennemie, on compte les appareils ennemis, on p\u00e8se les moments d\u00e9favorables et les moments favorables. Par exemple, le fait que le vent me repousse de mon front ou me pousse vers mon front joue un r\u00f4le \u00e9norme. C'est ainsi que j'ai abattu une fois un [113] Anglais \u00e0 qui j'avais tir\u00e9 le coup de gr\u00e2ce au-del\u00e0 des lignes ennemies, et il est tomb\u00e9 pr\u00e8s de nos ballons captifs, tellement la temp\u00eate l'avait pouss\u00e9 loin. Nous \u00e9tions cinq, l'ennemi \u00e9tait trois fois plus fort. Les Anglais volaient en d\u00e9sordre comme un grand essaim de moustiques. Faire \u00e9clater un tel essaim, qui vole si bien ensemble, n'est pas facile, exclu pour un seul, extr\u00eamement difficile pour plusieurs, surtout lorsque les diff\u00e9rences de nombre sont aussi d\u00e9favorables que dans notre cas. Mais on se sent tellement sup\u00e9rieur \u00e0 l'adversaire que l'on ne doute pas un seul instant de la r\u00e9ussite certaine. L'esprit d'attaque, donc l'offensive, est la chose principale, comme partout, dans les airs aussi. Mais l'adversaire pensait de m\u00eame. Je devais m'en rendre compte tout de suite. D\u00e8s qu'il nous a vus, il a imm\u00e9diatement fait demi-tour et nous a attaqu\u00e9s. Pour nous, les cinq hommes, il fallait faire attention ! Si l'un d'entre eux tra\u00eene, il risque d'avoir des ennuis. Nous nous sommes \u00e9galement regroup\u00e9s et avons laiss\u00e9 les hommes s'approcher un peu. Je veillai \u00e0 ce que l'un des fr\u00e8res ne s'\u00e9loigne pas un peu des autres. L\u00e0, il y en a un qui est tellement b\u00eate. Je peux l'atteindre. \u00ab Tu es un enfant perdu \u00bb. Sur lui en hurlant. Maintenant je l'ai atteint ou je dois l'atteindre tout de suite. Il commence d\u00e9j\u00e0 \u00e0 tirer, il est donc un peu nerveux. Je me suis dit : \u00ab Tu [114]tires, tu ne touches pas, apr\u00e8s tout ! \u00bb Il a tir\u00e9 avec une munition tra\u00e7ante qui est pass\u00e9e devant moi, visible. J'avais l'impression d'\u00eatre dans le c\u00f4ne d'un arrosoir. Ce n'est pas agr\u00e9able, mais les Anglais tirent presque tous avec cette substance commune, il faut donc s'y habituer. L'homme est un animal d'habitude, car \u00e0 ce moment-l\u00e0, je crois que je riais. Mais j'allais bient\u00f4t me rendre compte que j'avais tort. Je suis maintenant presque tout pr\u00e8s, \u00e0 une centaine de m\u00e8tres, le fusil est arm\u00e9, je vise encore une fois, je fais quelques tirs d'essai, les fusils sont en ordre. Cela ne peut plus durer longtemps. Dans mon esprit, je vois d\u00e9j\u00e0 mon adversaire s'\u00e9crouler. L'excitation de tout \u00e0 l'heure est pass\u00e9e. On r\u00e9fl\u00e9chit calmement et objectivement, on \u00e9value les probabilit\u00e9s de r\u00e9ussite de lui et de moi. D'ailleurs, le combat lui-m\u00eame est le moins excitant dans la plupart des cas, et celui qui s'\u00e9nerve fait une erreur. Il n'en abattra jamais un. C'est aussi une question d'habitude. En tout cas, dans ce cas, je n'ai pas fait d'erreur. Maintenant que je suis \u00e0 cinquante m\u00e8tres, quelques bons tirs et le succ\u00e8s ne pourra pas me faire d\u00e9faut. C'est ce que je pensais. Mais tout \u00e0 coup, il y a une grosse d\u00e9tonation, j'ai \u00e0 peine tir\u00e9 dix coups, et tout de suite apr\u00e8s, \u00e7a claque \u00e0 nouveau dans ma machine. C'est clair, je suis touch\u00e9. Du moins ma machine, pas moi pour [115]ma personne. Au m\u00eame moment, il y a une odeur d'essence monstrueuse et le moteur s'essouffle. L'Anglais s'en aper\u00e7oit, car il tire d'autant plus fort. Je dois l\u00e2cher imm\u00e9diatement. Il descend \u00e0 la verticale. J'ai involontairement coup\u00e9 le moteur. Il \u00e9tait grand temps. Quand le r\u00e9servoir d'essence est perc\u00e9 et que le produit gicle autour des jambes, le risque de br\u00fblure est grand. On a devant soi un moteur explosif de plus de cent cinquante \u00ab chevaux \u00bb, donc incandescent. Une goutte d'essence et toute la machine s'enflamme. Je laisse une tra\u00een\u00e9e blanche dans l'air. Je la connais parfaitement chez l'adversaire. Ce sont les signes avant-coureurs de l'explosion. Je suis encore \u00e0 trois mille m\u00e8tres d'altitude, j'ai donc encore tout un bout de chemin \u00e0 faire jusqu'\u00e0 la terre. Dieu merci, le moteur s'arr\u00eate de tourner. Je ne peux pas calculer la vitesse que l'avion atteint. Elle est en tout cas si grande que je ne peux pas sortir la t\u00eate sans \u00eatre pouss\u00e9 en arri\u00e8re par le courant d'air. Je suis bient\u00f4t d\u00e9barrass\u00e9 de mon adversaire et j'ai encore le temps, avant de redescendre sur terre, de voir ce que font mes quatre autres ma\u00eetres. Ils sont toujours en train de se battre. On entend les tirs de mitraillette de l'adversaire et les leurs. Tout \u00e0 coup, une fus\u00e9e. Est-ce la fus\u00e9e d'un adversaire ? Mais non. C'est trop gros pour \u00e7a. [116]C'est de plus en plus gros. Il y en a un qui br\u00fble. Mais lequel ? La machine ressemble exactement \u00e0 la n\u00f4tre. Dieu merci, c'est un adversaire. Qui a pu l'abattre ? Tout de suite apr\u00e8s, un deuxi\u00e8me avion sort de l'escadrille, semblable \u00e0 moi, tombe \u00e0 la verticale, se retourne m\u00eame, se retourne encore - l\u00e0 - maintenant il s'est rattrap\u00e9. Il vole tout droit vers moi. Un albatros aussi. Il s'est certainement retrouv\u00e9 dans la m\u00eame situation que moi. Je suis encore \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres de hauteur et je dois regarder doucement autour de moi pour savoir o\u00f9 je veux atterrir. Car un tel atterrissage est souvent li\u00e9 \u00e0 une rupture. Et une telle rupture ne se passe pas toujours bien, donc - attention. Je trouve une prairie, pas tr\u00e8s grande, mais juste suffisante si l'on fait un peu attention. En plus, elle est bien situ\u00e9e, juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la route d'H\u00e9nin-Li\u00e9tard. C'est l\u00e0 que je veux atterrir. Tout se passe bien. Ma premi\u00e8re pens\u00e9e est : o\u00f9 est l'autre ? Il se pose \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de moi. J'ai maintenant le temps de regarder les d\u00e9g\u00e2ts. Il y a quelques impacts, mais celui qui m'a fait arr\u00eater le combat est celui qui a travers\u00e9 les deux r\u00e9servoirs d'essence. Je n'ai plus une goutte d'essence dedans, le moteur est \u00e9galement touch\u00e9. Dommage pour lui, il tournait encore si bien. Je laisse mes jambes se balancer hors de la machine et j'ai peut-\u00eatre fait une t\u00eate de [117] fou. Aussit\u00f4t, une foule de soldats s'est rassembl\u00e9e autour de moi. Un officier arrive. Il est tout essouffl\u00e9. Tr\u00e8s excit\u00e9 ! Il lui est certainement arriv\u00e9 quelque chose de terrible. Il se pr\u00e9cipite vers moi, reprend son souffle et me demande : \u00ab J'esp\u00e8re qu'il ne vous est rien arriv\u00e9 ? J'ai observ\u00e9 toute la sc\u00e8ne et je suis tellement excit\u00e9 ! Bon sang, \u00e7a avait l'air horrible ! \u00bb Je lui ai assur\u00e9 que je n'avais rien, j'ai saut\u00e9 \u00e0 terre et me suis pr\u00e9sent\u00e9. Bien entendu, il ne comprit pas un mot de mon nom. Mais il m'invita \u00e0 prendre sa voiture pour aller \u00e0 H\u00e9nin-Li\u00e9tard, o\u00f9 il logeait.\u00a0 C'\u00e9tait un officier du g\u00e9nie. Nous sommes d\u00e9j\u00e0 dans la voiture et nous d\u00e9marrons. Mon h\u00f4te ne s'est toujours pas calm\u00e9. Soudain, il sursaute et demande : \u00ab Bon sang, o\u00f9 est donc votre chauffeur ? \u00bb. Au d\u00e9but, je ne savais pas vraiment ce qu'il voulait dire, je le regardais sans doute avec un peu de confusion. Puis j'ai compris qu'il me prenait pour l'observateur d'un avion biplace et qu'il me demandait mon pilote. Je me suis vite ressaisi et j'ai r\u00e9pondu s\u00e8chement : \u00ab Je voyage seul \u00bb. Le mot \u00ab conduire \u00bb est mal vu dans l'aviation. On ne conduit pas, on \u00ab vole \u00bb. Aux yeux de ce brave monsieur, j'avais d\u00e9cid\u00e9ment visiblement baiss\u00e9 par le fait que je \u00ab conduis \u00bb seul. La conversation devint un peu plus cassante. [118]Nous voil\u00e0 arriv\u00e9s dans ses quartiers. Je porte toujours mon blouson de cuir gras sale, une grosse \u00e9charpe autour de moi. En chemin, il m'a bien s\u00fbr assailli d'une infinit\u00e9 de questions. D'ailleurs, tout ce monsieur \u00e9tait nettement plus excit\u00e9 que moi. Il m'obligea \u00e0 m'allonger sur un canap\u00e9, ou voulut le faire en me disant que je devais \u00eatre encore tr\u00e8s \u00e9nerv\u00e9e par mon combat. Je lui assurai que je m'\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 battu en l'air, ce qui ne lui vint pas \u00e0 l'esprit. Je n'avais certainement pas l'air tr\u00e8s belliqueux. Apr\u00e8s avoir discut\u00e9 un peu, il en vient naturellement \u00e0 la fameuse question : \u00ab Avez-vous d\u00e9j\u00e0 abattu quelqu'un ? \u00bb Comme je l'ai dit, il n'avait pas entendu mon nom. \u00ab Ah oui, \u00bb ai-je r\u00e9pondu, \u201cde temps en temps\u201d. \u00ab Alors - alors vous en avez d\u00e9j\u00e0 abattu deux ? \u00bb \u00ab Non, mais vingt-quatre \u00bb. Il sourit, r\u00e9p\u00e8te sa question et dit que par \u00ab abattu \u00bb, il entendait quelqu'un qui \u00e9tait tomb\u00e9 et \u00e9tait rest\u00e9 en bas. Je lui ai assur\u00e9 que c'\u00e9tait aussi ma conception de la chose. L\u00e0, j'\u00e9tais au fond du trou, car il me prenait pour un grand fanfaron. Il m'a fait asseoir et m'a dit qu'on mangeait dans une heure et que, si j'\u00e9tais d'accord, je pouvais me joindre au repas. J'ai donc profit\u00e9 de son offre et je me suis endormi pendant une heure. Puis nous sommes all\u00e9s au [119] casino. L\u00e0, je me suis d\u00e9shabill\u00e9 et j'avais heureusement mon Pour le m\u00e9rite. Mais malheureusement, pas de veste d'uniforme en dessous, juste un gilet. Je m'excuse de ne pas \u00eatre mieux habill\u00e9 et, tout \u00e0 coup, mon bon chef d\u00e9couvre sur moi le Pour le m\u00e9rite. Il reste sans voix d'\u00e9tonnement et m'assure qu'il ne sait pas comment je m'appelle. Je lui dis \u00e0 nouveau mon nom. Il sembla alors se rendre compte qu'il avait d\u00e9j\u00e0 entendu parler de moi. On me donna des hu\u00eetres et du champagne \u00e0 boire et je v\u00e9cus plut\u00f4t bien jusqu'\u00e0 ce que Sch\u00e4fer vienne me chercher avec ma voiture. Il m'a appris que L\u00fcbbert avait une fois de plus fait honneur \u00e0 son surnom. En effet, on l'appelait \u00ab Kugelfang \u00bb, car \u00e0 chaque combat a\u00e9rien, sa machine \u00e9tait s\u00e9rieusement malmen\u00e9e. Une fois, elle avait \u00e9t\u00e9 touch\u00e9e \u00e0 soixante-quatre reprises, sans qu'il soit lui-m\u00eame bless\u00e9. Cette fois, il avait re\u00e7u une \u00e9raflure \u00e0 la poitrine et \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l'h\u00f4pital. J'ai pilot\u00e9 son avion jusqu'au port. Malheureusement, cet excellent officier, qui avait tout pour devenir un Boelcke, est mort quelques semaines plus tard en h\u00e9ros pour la patrie. Le soir, je peux encore informer mon h\u00f4te d'H\u00e9nin-Li\u00e9tard que j'ai fait un quart de cent aujourd'hui \u00bb."},"event-type-id":{"type":"numeric","raw":"5"},"source-id":{"type":"numeric","raw":"4"},"source-long-in-event":{"type":"textfield","raw":"Der rote Kampfflieger von Rittmeister Manfred Freiherrn von Richthofen, 1917, 351.000 - 400.000, Verlag Ullstein & Co, Berlin-Wien"},"pagenumber":{"type":"textfield","raw":"112"},"airplane-id":{"type":"textfield","raw":""},"combat-id":{"type":"textfield","raw":""},"event-type":{"type":"select","raw":"5"},"source-language":{"type":"select","raw":"2"},"picture":{"type":"image","raw":["https:\/\/www.meettheredbaron.com\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/Ap194.jpg"],"repeatable":[{"raw":"https:\/\/www.meettheredbaron.com\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/Ap194.jpg","attachment_id":9842}]}}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.meettheredbaron.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/event\/13920","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.meettheredbaron.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/event"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.meettheredbaron.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/event"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.meettheredbaron.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13920"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.meettheredbaron.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13920"}],"wp:term":[{"taxonomy":"event-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.meettheredbaron.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/event-type?post=13920"},{"taxonomy":"source-language","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.meettheredbaron.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/source-language?post=13920"},{"taxonomy":"source-id-tax","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.meettheredbaron.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/source-id-tax?post=13920"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}