{"id":12672,"date":"2022-07-02T08:35:37","date_gmt":"2022-07-02T07:35:37","guid":{"rendered":"https:\/\/www.meettheredbaron.com\/event\/testimonial-of-hauptmann-erich-von-salzmann\/"},"modified":"2025-09-23T09:15:04","modified_gmt":"2025-09-23T08:15:04","slug":"testimonial-of-hauptmann-erich-von-salzmann","status":"publish","type":"event","link":"https:\/\/www.meettheredbaron.com\/fr\/event\/testimonial-of-hauptmann-erich-von-salzmann\/","title":{"rendered":"T\u00e9moignage du capitaine Erich von Salzmann"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00ab Par une belle journ\u00e9e de printemps dans le nord de la France, nous \u00e9tions dans la rue \u00e0 Douai lorsqu&rsquo;une petite voiture bringuebalante arriva \u00e0 toute vitesse. Mon ami Hoffmann leva la main : \u00ab Voil\u00e0 Richthofen. Arr\u00eatez ! \u00bb La voiture s&rsquo;arr\u00eata. Deux jeunes officiers en descendirent ; l&rsquo;un d&rsquo;eux, v\u00eatu d&rsquo;un manteau court et ouvert, les cheveux en bataille, de taille moyenne et trapu, se pr\u00e9senta bri\u00e8vement et militairement : \u00ab Richthofen. \u00bb C&rsquo;\u00e9tait donc lui, l&rsquo;aviateur qui commen\u00e7ait \u00e0 devenir si c\u00e9l\u00e8bre. C&rsquo;est l\u00e0 que je l&rsquo;ai vu pour la premi\u00e8re fois. J&rsquo;ai rencontr\u00e9 un nombre inhabituel de personnes au cours de ma vie, beaucoup sont rest\u00e9es dans ma m\u00e9moire, beaucoup ont \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9es. Richthofen n&rsquo;en \u00e9tait alors qu&rsquo;au d\u00e9but de son ascension fulgurante, peut-\u00eatre seulement l&rsquo;un parmi tant d&rsquo;autres. N\u00e9anmoins, il m&rsquo;a imm\u00e9diatement captiv\u00e9. Il y avait quelque chose dans son attitude qui \u00e9tait particuli\u00e8rement agr\u00e9able . Cette aisance et cette assurance typiques, qui doivent \u00eatre inn\u00e9es et ne s&rsquo;apprennent jamais, caract\u00e9risaient Richthofen \u00e0 un haut degr\u00e9. Son visage exprimait une masculinit\u00e9 calme, ferme et pourtant amicale, sans ce trait prononc\u00e9 et d\u00e9termin\u00e9 qui se dessine chez certains de nos jeunes h\u00e9ros engag\u00e9s dans une lutte constante pour la vie ou la mort. Il \u00e9tait alors encore lieutenant dans les uhlans de Militsch. Il avait toutefois d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises dans les communiqu\u00e9s militaires. Son nom commen\u00e7ait \u00e0 \u00eatre connu d&rsquo;une grande partie du peuple allemand. Mais cela ne se voyait pas dans son attitude. Il \u00e9tait toujours le modeste officier issu d&rsquo;une bonne famille, qui avait grandi dans un r\u00e9giment prestigieux. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, j&rsquo;\u00e9tais encore pour lui le capitaine, le camarade plus \u00e2g\u00e9. Lorsque nous traversions la cour, il marchait \u00e0 ma gauche et me demandait de passer devant lui \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e. Je l&rsquo;ai revu souvent par la suite, je lui ai rendu visite sur son lieu de travail et il a \u00e9t\u00e9 mon invit\u00e9 \u00e0 Berlin. L&rsquo;un des plus beaux souvenirs de ma vie est li\u00e9 \u00e0 Richthofen : j&rsquo;ai pu voler avec lui. Et pourtant. C&rsquo;\u00e9tait toujours la m\u00eame chose, les mani\u00e8res dans lesquelles le jeune officier noble avait \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 lui collaient \u00e0 la peau comme sa propre peau. On voyait qu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 cadet, non pas dans cette rigueur quelque peu exag\u00e9r\u00e9e, dans ce langage saccad\u00e9 qui attend ce que l&rsquo;a\u00een\u00e9 a \u00e0 dire. Non ! Mais toujours dans cette attitude impeccable, difficile \u00e0 d\u00e9finir, dans ses gestes, dans sa fa\u00e7on de parler, dans toute sa prestance. Il y avait toujours quelque chose de ma\u00eetris\u00e9. Il avait toujours un sourire amical aux l\u00e8vres. Nous \u00e9tions assis \u00e0 table, accompagn\u00e9s d&rsquo;une excellente musique. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, il y avait encore des boissons. Selon la bonne vieille coutume sil\u00e9sienne, nous avions lev\u00e9 nos chopes et nous \u00e9tions devenus joyeux. Richthofen restait le m\u00eame. Il aurait \u00e9t\u00e9 impossible que Richthofen fasse ou dise quelque chose qui ne soit pas irr\u00e9prochable. Pourtant, personne n&rsquo;aurait pu dire de lui qu&rsquo;il \u00e9tait artificiel ou affect\u00e9. Personne n&rsquo;\u00e9tait plus naturel que Manfred Richthofen. Plus tard, j&rsquo;ai vu Richthofen ici \u00e0 Berlin, chez moi, \u00e0 plusieurs reprises en compagnie de dames. L\u00e0 encore, c&rsquo;\u00e9tait son attitude irr\u00e9prochable et son naturel qui plaisaient tant aux femmes. Il n&rsquo;\u00e9tait pas un coureur de jupons au sens habituel du terme. Il \u00e9tait tout sauf cela. Il incarnait presque la masculinit\u00e9 moderne, mais les femmes l&rsquo;appr\u00e9ciaient, m\u00eame s&rsquo;il ne leur faisait jamais la cour comme le font volontiers certains jeunes cavaliers devenus c\u00e9l\u00e8bres. Une fois, nous \u00e9tions ensemble aux courses \u00e0 Grunewald \u2013 pendant un moment, il est rest\u00e9 m\u00e9connaissable. Il avait pass\u00e9 la matin\u00e9e \u00e0 Johannistal, o\u00f9 il avait essay\u00e9 de nouveaux avions, et sa tenue n&rsquo;\u00e9tait pas vraiment \u00e9l\u00e9gante pour aller aux courses. Richthofen accordait peu d&rsquo;importance aux apparences, m\u00eame s&rsquo;il ne cherchait pas pour autant \u00e0 avoir l&rsquo;air n\u00e9glig\u00e9. Soudain, les gens l&rsquo;ont reconnu. Les photographes sont arriv\u00e9s. J&rsquo;ai vu d&rsquo;autres jeunes c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s dans de tels moments qui faisaient des mani\u00e8res et prenaient la pose. Rien de tout cela chez Richthofen. L&rsquo;assurance tout \u00e0 fait naturelle de son attitude \u00e9tait frappante. Les jeunes filles se pr\u00e9cipitaient vers lui. Il devait \u00e9crire son nom sur le programme en souvenir. Richthofen m&rsquo;a dit en haussant les \u00e9paules : \u00ab Que puis-je faire ? \u00bb Un autre serait parti.<\/p>\n\n\n\n<p>Richthofen \u00e9crivait calmement, patiemment, toujours avec le m\u00eame sourire aimable. Cet homme \u00e9tait certainement plus dur envers lui-m\u00eame que quiconque, il se ma\u00eetrisait, c&rsquo;est pourquoi il r\u00e9gnait sur les autres. Et pourtant ! Il avait un c\u0153ur tendre, il \u00e9tait bon et toujours aimable. Il \u00e9tait ainsi. Il est rest\u00e9 ainsi tout au long de son ascension fulgurante. Il est mort ainsi. Nous avons besoin de telles personnes. Elles sont le meilleur type d&rsquo;officier prussien. Elles sont les mod\u00e8les pour les futures g\u00e9n\u00e9rations d&rsquo;officiers. Elles sont les porteuses d&rsquo;anciennes et belles traditions \u2013 des traditions dont nous devons \u00eatre fiers et dont nos enfants et petits-enfants seront encore plus fiers que nous et nos p\u00e8res, qui ont men\u00e9 la grande guerre contre la France, ne l&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9. Richthofen incarnait tout cela. Il \u00e9tait un descendant typique de la noblesse de l&rsquo;Est de l&rsquo;Elbe, avec toutes ses bonnes qualit\u00e9s. Son corps trapu et muscl\u00e9 refl\u00e9tait le m\u00eame sens du devoir rigoureux, presque froid, qui a conduit les dizaines de milliers de descendants de notre noblesse prussienne sur tous les champs de bataille d&rsquo;Europe au service de leur seigneur et les a fait saigner l\u00e0-bas. Richthofen \u00e9tait int\u00e9rieurement et ext\u00e9rieurement un homme simple, d&rsquo;une nature droite et distingu\u00e9e. Toute apparence ostentatoire, tout artifice lui \u00e9taient totalement \u00e9trangers. Il n&rsquo;aurait jamais pu dire un mensonge. Ce qu&rsquo;il faisait, ce qu&rsquo;il disait, portait la marque du naturel. Et pourtant, ce n&rsquo;\u00e9tait pas seulement la tradition ancestrale des milieux dont il \u00e9tait issu qu&rsquo;il incarnait par son attitude. C&rsquo;\u00e9tait plus que cela. \u00c0 chaque fois que je le revoyais, je devais admettre : seul Richthofen peut \u00eatre ainsi, un individu \u00e0 part. De ses anc\u00eatres paternels et maternels, des hommes qui vivaient sur leurs terres dans la belle r\u00e9gion de Sil\u00e9sie, il avait h\u00e9rit\u00e9 le go\u00fbt de la chasse. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas cette passion irr\u00e9pressible de tuer des animaux qui le motivait. J&rsquo;ai souvent rencontr\u00e9 des repr\u00e9sentants de ce type de personnes dans des pays \u00e9trangers, en particulier sous les tropiques, des hommes qui ne connaissaient que leur carnet de chasse et le record qu&rsquo;ils voulaient battre par rapport \u00e0 un autre chasseur c\u00e9l\u00e8bre. Richthofen n&rsquo;\u00e9tait pas comme \u00e7a. Ce sentiment, le sentiment du record, lui \u00e9tait totalement \u00e9tranger, m\u00eame s&rsquo;il avait certainement en lui une ambition ardente, mais pas cette ambition de l&rsquo;envie. La crainte qu&rsquo;un autre ait pu faire mieux que lui lui \u00e9tait tout \u00e0 fait \u00e9trang\u00e8re. D\u00e8s son plus jeune \u00e2ge, il avait tenu un fusil dans ses mains. Il \u00e9tait devenu un tireur qui ne ratait jamais sa cible. Il y a environ un an, lorsque je lui ai demand\u00e9 en quoi il voyait sa sup\u00e9riorit\u00e9 sur ses ennemis, il m&rsquo;a r\u00e9pondu que celle-ci r\u00e9sidait principalement dans son sang-froid au tir. Je me souviens tr\u00e8s bien qu&rsquo;il m&rsquo;a dit une fois en mai 1917 : \u00ab Quand je me trouve face \u00e0 l&rsquo;ennemi, je m&rsquo;approche sans h\u00e9siter, et quand je vois le blanc de ses yeux, je tire. Il doit alors tomber, j&rsquo;en suis s\u00fbr. \u00bb Plus tard, avec le perfectionnement des appareils, il changea de tactique et tenta principalement d&rsquo;attaquer l&rsquo;ennemi par derri\u00e8re gr\u00e2ce \u00e0 des man\u0153uvres habiles, afin de l&rsquo;abattre. Il n&rsquo;\u00e9prouvait aucune haine envers son ennemi. Il ne voyait pas rouge, comme cela peut arriver \u00e0 certains dans l&rsquo;excitation du combat. Il ne se serait jamais laiss\u00e9 aller \u00e0 commettre une imprudence, il \u00e9tait trop calme pour cela. Il r\u00e9fl\u00e9chissait minutieusement \u00e0 tout ce qu&rsquo;il faisait. Et pourtant, ses d\u00e9cisions devaient \u00eatre d&rsquo;une duret\u00e9 de fer dans les fractions de seconde o\u00f9 il devait les prendre. Il n&rsquo;y avait pour lui ni h\u00e9sitation ni tergiversation. Il avait la ferme volont\u00e9 que celui qui se trouvait l\u00e0-bas devait tomber, et cette volont\u00e9 plus forte contraignait l&rsquo;ennemi \u00e0 se plier \u00e0 la suggestion de Richthofen. Il m&rsquo;a dit un jour \u00e0 propos de son jeune fr\u00e8re, qui apprenait avec lui : \u00ab Il est d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s dou\u00e9. Je vais bient\u00f4t le laisser voler de ses propres ailes. Mais je crains qu&rsquo;il ne soit trop agressif ; quand il a l&rsquo;ennemi devant lui, il voit presque rouge. Il ne doit pas faire \u00e7a. \u00bb Richthofen \u00e9tait tr\u00e8s m\u00e9ticuleux dans le traitement de ses machines. Il v\u00e9rifiait tout minutieusement avant de d\u00e9coller. Il \u00e9tait bien conscient qu&rsquo;il fallait ma\u00eetriser ses outils pour \u00eatre performant. Il ne d\u00e9collait pas tant que tout n&rsquo;\u00e9tait pas en parfait \u00e9tat. Il ne connaissait pas l&rsquo;insouciance qui a conduit certains jeunes aviateurs \u00e0 une mort pr\u00e9matur\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n&rsquo;est certainement pas un probl\u00e8me technique qui l&rsquo;a fait s&rsquo;\u00e9craser au sol lors de son dernier vol. Richthofen a eu beaucoup de chance. Il semblait presque prot\u00e9g\u00e9 par une force sup\u00e9rieure. J&rsquo;ai vu Richthofen revenir deux fois devant Arras avec certainement plus d&rsquo;une douzaine d&rsquo;impacts sur son avion. Lorsqu&rsquo;un autre pilote re\u00e7oit un tir dans le moteur, il peut g\u00e9n\u00e9ralement envoyer une derni\u00e8re pri\u00e8re vers le ciel, puis Dieu doit lui accorder sa gr\u00e2ce, car l&rsquo;heure de la mort dans les flammes est venue. Richthofen a re\u00e7u plus d&rsquo;une fois un projectile d&rsquo;infanterie dans le moteur. Richthofen a imm\u00e9diatement constat\u00e9 les d\u00e9g\u00e2ts et coup\u00e9 le moteur. Un autre \u00e0 sa place aurait certainement vu son avion partir en flammes. Il semblait donc vraiment invuln\u00e9rable. Il a grandi avec le temps. Il n&rsquo;\u00e9tait plus seulement le brillant combattant solitaire, le ma\u00eetre des airs qui, avec son avion rouge, \u00e9tait la terreur de tous ses ennemis et qui, d\u00e8s qu&rsquo;il \u00e9tait signal\u00e9, trouvait le champ libre ; car malgr\u00e9 la forte prime que l&rsquo;ennemi avait mise sur sa t\u00eate, on fuyait Richthofen et son art sup\u00e9rieur. Il devint un leader. Son escadron s&rsquo;est rapidement distingu\u00e9 des autres. Il l&rsquo;a men\u00e9 de victoire en victoire. Tout comme lui, ceux qui l&rsquo;entouraient sont devenus la terreur des ennemis. On a alors compris ce qu&rsquo;on ignorait jusqu&rsquo;alors : cet homme \u00e9tait plus qu&rsquo;un simple tireur d&rsquo;\u00e9lite, plus qu&rsquo;un esprit calme et r\u00e9fl\u00e9chi capable de prendre des d\u00e9cisions rapides comme l&rsquo;\u00e9clair. Cet homme \u00e9tait un leader, l&rsquo;un de ces officiers dot\u00e9s d&rsquo;un talent inn\u00e9 pour le commandement. Il devint ainsi le ma\u00eetre de nombreux autres, sans le vouloir, simplement par son exemple, par ses ordres. Il finit ainsi par diriger toute une escadre compos\u00e9e de plusieurs escadrilles regroup\u00e9es. Richthofen connaissait parfaitement l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;aviation. M\u00eame s&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait peut-\u00eatre pas<br>un technicien accompli, il \u00e9tait parfaitement conscient des erreurs commises dans la conception des avions et donnait son avis avec calme et lucidit\u00e9. Il savait qu&rsquo;il n&rsquo;existait rien de parfait sur terre. Il apprenait en comparant. Il ne sous-estimait jamais l&rsquo;adversaire et lui rendait toujours justice. Il reconnaissait les forces et les faiblesses de l&rsquo;adversaire lorsqu&rsquo;il le rep\u00e9rait \u00e0 la vitesse de l&rsquo;\u00e9clair dans les airs gr\u00e2ce \u00e0 ses yeux d&rsquo;aigle, qui voyaient plus loin et plus nettement que ceux d&rsquo;un mortel ordinaire. Il \u00e9valuait correctement l&rsquo;adversaire, ce qui lui conf\u00e9rait une grande partie de sa sup\u00e9riorit\u00e9. Il s&rsquo;int\u00e9ressait de plus en plus \u00e0 l&rsquo;aviation en g\u00e9n\u00e9ral, au combat a\u00e9rien dans son ensemble. D\u00e9j\u00e0, lorsque je l&rsquo;ai vu dans son pays natal en ao\u00fbt dernier, il m&rsquo;a dit que nous allions vers des temps difficiles, que l&rsquo;ennemi, avec ses constructions, nous talonnait de pr\u00e8s et \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 sup\u00e9rieur \u00e0 nous \u00e0 bien des \u00e9gards. Il savait \u00e9valuer cela avec pr\u00e9cision. Malgr\u00e9 tout, il accomplissait toujours son devoir avec la plus grande joie, et le temps qu&rsquo;il passait dans son pays natal n&rsquo;\u00e9tait pour lui qu&rsquo;une interruption de l&rsquo;activit\u00e9 qu&rsquo;il aimait tant mener contre l&rsquo;ennemi. Lui, un Richthofen, avait sa place l\u00e0 o\u00f9 les Richthofen avaient toujours \u00e9t\u00e9, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agissait de d\u00e9fendre la patrie, directement face \u00e0 l&rsquo;ennemi ! Dans son pays natal, des centaines de milliers de personnes ont certainement suivi avec inqui\u00e9tude le parcours de cet homme, en pensant : \u00ab Si seulement il pouvait \u00eatre en s\u00e9curit\u00e9 ! \u00bb Il ne le pouvait pas. Il me l&rsquo;a dit assez souvent : \u00ab Je dois aller l\u00e0-bas, je ne peux pas rester ici. \u00bb C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il est mort, un mod\u00e8le pour les centaines, les milliers de personnes qui viendront apr\u00e8s lui et qui traverseront les airs \u00e0 bord d&rsquo;avions. Incarnation du meilleur de la Prusse, noble plein d&rsquo;amour pour la patrie et fid\u00e8le \u00e0 son devoir, jeune h\u00e9ros tel que le peuple se repr\u00e9sente l&rsquo;officier id\u00e9al, que notre jeunesse imitera un jour. Mais il restera unique, presque inimitable. Lorsque cette guerre mondiale sera termin\u00e9e, on dira de ce jeune homme, qui n&rsquo;aura connu qu&rsquo;un quart de si\u00e8cle d&rsquo;\u00e9t\u00e9 : \u00ab Il n&rsquo;y a eu qu&rsquo;un seul Richthofen ! \u00bb<\/p>\n","protected":false},"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","event-type":[248],"source-language":[259],"source-id-tax":[304],"class_list":["post-12672","event","type-event","status-publish","hentry","event-type-testimonial-fr","source-language-allemand-fr","source-id-tax-ein-heldenleben-1920-fr","entry","no-media"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.7 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>T\u00e9moignage du capitaine Erich von Salzmann - Meet The Red Baron<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Zeugnis von Hauptmann Erich von Salzmann. 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Mon ami Hoffmann leva la main : \u00ab Voil\u00e0 Richthofen. Arr\u00eatez ! \u00bb La voiture s'arr\u00eata. Deux jeunes officiers en descendirent ; l'un d'eux, v\u00eatu d'un manteau court et ouvert, les cheveux en bataille, de taille moyenne et trapu, se pr\u00e9senta bri\u00e8vement et militairement : \u00ab Richthofen. \u00bb C'\u00e9tait donc lui, l'aviateur qui commen\u00e7ait \u00e0 devenir si c\u00e9l\u00e8bre. C'est l\u00e0 que je l'ai vu pour la premi\u00e8re fois. J'ai rencontr\u00e9 un nombre inhabituel de personnes au cours de ma vie, beaucoup sont rest\u00e9es dans ma m\u00e9moire, beaucoup ont \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9es. Richthofen n'en \u00e9tait alors qu'au d\u00e9but de son ascension fulgurante, peut-\u00eatre seulement l'un parmi tant d'autres. N\u00e9anmoins, il m'a imm\u00e9diatement captiv\u00e9. Il y avait quelque chose dans son attitude qui \u00e9tait particuli\u00e8rement agr\u00e9able . Cette aisance et cette assurance typiques, qui doivent \u00eatre inn\u00e9es et ne s'apprennent jamais, caract\u00e9risaient Richthofen \u00e0 un haut degr\u00e9. Son visage exprimait une masculinit\u00e9 calme, ferme et pourtant amicale, sans ce trait prononc\u00e9 et d\u00e9termin\u00e9 qui se dessine chez certains de nos jeunes h\u00e9ros engag\u00e9s dans une lutte constante pour la vie ou la mort. Il \u00e9tait alors encore lieutenant dans les uhlans de Militsch. Il avait toutefois d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises dans les communiqu\u00e9s militaires. Son nom commen\u00e7ait \u00e0 \u00eatre connu d'une grande partie du peuple allemand. Mais cela ne se voyait pas dans son attitude. Il \u00e9tait toujours le modeste officier issu d'une bonne famille, qui avait grandi dans un r\u00e9giment prestigieux. \u00c0 l'\u00e9poque, j'\u00e9tais encore pour lui le capitaine, le camarade plus \u00e2g\u00e9. Lorsque nous traversions la cour, il marchait \u00e0 ma gauche et me demandait de passer devant lui \u00e0 l'entr\u00e9e. Je l'ai revu souvent par la suite, je lui ai rendu visite sur son lieu de travail et il a \u00e9t\u00e9 mon invit\u00e9 \u00e0 Berlin. L'un des plus beaux souvenirs de ma vie est li\u00e9 \u00e0 Richthofen : j'ai pu voler avec lui. Et pourtant. C'\u00e9tait toujours la m\u00eame chose, les mani\u00e8res dans lesquelles le jeune officier noble avait \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 lui collaient \u00e0 la peau comme sa propre peau. On voyait qu'il avait \u00e9t\u00e9 cadet, non pas dans cette rigueur quelque peu exag\u00e9r\u00e9e, dans ce langage saccad\u00e9 qui attend ce que l'a\u00een\u00e9 a \u00e0 dire. Non ! Mais toujours dans cette attitude impeccable, difficile \u00e0 d\u00e9finir, dans ses gestes, dans sa fa\u00e7on de parler, dans toute sa prestance. Il y avait toujours quelque chose de ma\u00eetris\u00e9. Il avait toujours un sourire amical aux l\u00e8vres. Nous \u00e9tions assis \u00e0 table, accompagn\u00e9s d'une excellente musique. \u00c0 l'\u00e9poque, il y avait encore des boissons. Selon la bonne vieille coutume sil\u00e9sienne, nous avions lev\u00e9 nos chopes et nous \u00e9tions devenus joyeux. Richthofen restait le m\u00eame. Il aurait \u00e9t\u00e9 impossible que Richthofen fasse ou dise quelque chose qui ne soit pas irr\u00e9prochable. Pourtant, personne n'aurait pu dire de lui qu'il \u00e9tait artificiel ou affect\u00e9. Personne n'\u00e9tait plus naturel que Manfred Richthofen. Plus tard, j'ai vu Richthofen ici \u00e0 Berlin, chez moi, \u00e0 plusieurs reprises en compagnie de dames. L\u00e0 encore, c'\u00e9tait son attitude irr\u00e9prochable et son naturel qui plaisaient tant aux femmes. Il n'\u00e9tait pas un coureur de jupons au sens habituel du terme. Il \u00e9tait tout sauf cela. Il incarnait presque la masculinit\u00e9 moderne, mais les femmes l'appr\u00e9ciaient, m\u00eame s'il ne leur faisait jamais la cour comme le font volontiers certains jeunes cavaliers devenus c\u00e9l\u00e8bres. Une fois, nous \u00e9tions ensemble aux courses \u00e0 Grunewald \u2013 pendant un moment, il est rest\u00e9 m\u00e9connaissable. Il avait pass\u00e9 la matin\u00e9e \u00e0 Johannistal, o\u00f9 il avait essay\u00e9 de nouveaux avions, et sa tenue n'\u00e9tait pas vraiment \u00e9l\u00e9gante pour aller aux courses. Richthofen accordait peu d'importance aux apparences, m\u00eame s'il ne cherchait pas pour autant \u00e0 avoir l'air n\u00e9glig\u00e9. Soudain, les gens l'ont reconnu. Les photographes sont arriv\u00e9s. J'ai vu d'autres jeunes c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s dans de tels moments qui faisaient des mani\u00e8res et prenaient la pose. Rien de tout cela chez Richthofen. L'assurance tout \u00e0 fait naturelle de son attitude \u00e9tait frappante. Les jeunes filles se pr\u00e9cipitaient vers lui. Il devait \u00e9crire son nom sur le programme en souvenir. Richthofen m'a dit en haussant les \u00e9paules : \u00ab Que puis-je faire ? \u00bb Un autre serait parti.\r\n\r\nRichthofen \u00e9crivait calmement, patiemment, toujours avec le m\u00eame sourire aimable. Cet homme \u00e9tait certainement plus dur envers lui-m\u00eame que quiconque, il se ma\u00eetrisait, c'est pourquoi il r\u00e9gnait sur les autres. Et pourtant ! Il avait un c\u0153ur tendre, il \u00e9tait bon et toujours aimable. Il \u00e9tait ainsi. Il est rest\u00e9 ainsi tout au long de son ascension fulgurante. Il est mort ainsi. Nous avons besoin de telles personnes. Elles sont le meilleur type d'officier prussien. Elles sont les mod\u00e8les pour les futures g\u00e9n\u00e9rations d'officiers. Elles sont les porteuses d'anciennes et belles traditions \u2013 des traditions dont nous devons \u00eatre fiers et dont nos enfants et petits-enfants seront encore plus fiers que nous et nos p\u00e8res, qui ont men\u00e9 la grande guerre contre la France, ne l'ont jamais \u00e9t\u00e9. Richthofen incarnait tout cela. Il \u00e9tait un descendant typique de la noblesse de l'Est de l'Elbe, avec toutes ses bonnes qualit\u00e9s. Son corps trapu et muscl\u00e9 refl\u00e9tait le m\u00eame sens du devoir rigoureux, presque froid, qui a conduit les dizaines de milliers de descendants de notre noblesse prussienne sur tous les champs de bataille d'Europe au service de leur seigneur et les a fait saigner l\u00e0-bas. Richthofen \u00e9tait int\u00e9rieurement et ext\u00e9rieurement un homme simple, d'une nature droite et distingu\u00e9e. Toute apparence ostentatoire, tout artifice lui \u00e9taient totalement \u00e9trangers. Il n'aurait jamais pu dire un mensonge. Ce qu'il faisait, ce qu'il disait, portait la marque du naturel. Et pourtant, ce n'\u00e9tait pas seulement la tradition ancestrale des milieux dont il \u00e9tait issu qu'il incarnait par son attitude. C'\u00e9tait plus que cela. \u00c0 chaque fois que je le revoyais, je devais admettre : seul Richthofen peut \u00eatre ainsi, un individu \u00e0 part. De ses anc\u00eatres paternels et maternels, des hommes qui vivaient sur leurs terres dans la belle r\u00e9gion de Sil\u00e9sie, il avait h\u00e9rit\u00e9 le go\u00fbt de la chasse. Ce n'\u00e9tait pas cette passion irr\u00e9pressible de tuer des animaux qui le motivait. J'ai souvent rencontr\u00e9 des repr\u00e9sentants de ce type de personnes dans des pays \u00e9trangers, en particulier sous les tropiques, des hommes qui ne connaissaient que leur carnet de chasse et le record qu'ils voulaient battre par rapport \u00e0 un autre chasseur c\u00e9l\u00e8bre. Richthofen n'\u00e9tait pas comme \u00e7a. Ce sentiment, le sentiment du record, lui \u00e9tait totalement \u00e9tranger, m\u00eame s'il avait certainement en lui une ambition ardente, mais pas cette ambition de l'envie. La crainte qu'un autre ait pu faire mieux que lui lui \u00e9tait tout \u00e0 fait \u00e9trang\u00e8re. D\u00e8s son plus jeune \u00e2ge, il avait tenu un fusil dans ses mains. Il \u00e9tait devenu un tireur qui ne ratait jamais sa cible. Il y a environ un an, lorsque je lui ai demand\u00e9 en quoi il voyait sa sup\u00e9riorit\u00e9 sur ses ennemis, il m'a r\u00e9pondu que celle-ci r\u00e9sidait principalement dans son sang-froid au tir. Je me souviens tr\u00e8s bien qu'il m'a dit une fois en mai 1917 : \u00ab Quand je me trouve face \u00e0 l'ennemi, je m'approche sans h\u00e9siter, et quand je vois le blanc de ses yeux, je tire. Il doit alors tomber, j'en suis s\u00fbr. \u00bb Plus tard, avec le perfectionnement des appareils, il changea de tactique et tenta principalement d'attaquer l'ennemi par derri\u00e8re gr\u00e2ce \u00e0 des man\u0153uvres habiles, afin de l'abattre. Il n'\u00e9prouvait aucune haine envers son ennemi. Il ne voyait pas rouge, comme cela peut arriver \u00e0 certains dans l'excitation du combat. Il ne se serait jamais laiss\u00e9 aller \u00e0 commettre une imprudence, il \u00e9tait trop calme pour cela. Il r\u00e9fl\u00e9chissait minutieusement \u00e0 tout ce qu'il faisait. Et pourtant, ses d\u00e9cisions devaient \u00eatre d'une duret\u00e9 de fer dans les fractions de seconde o\u00f9 il devait les prendre. Il n'y avait pour lui ni h\u00e9sitation ni tergiversation. Il avait la ferme volont\u00e9 que celui qui se trouvait l\u00e0-bas devait tomber, et cette volont\u00e9 plus forte contraignait l'ennemi \u00e0 se plier \u00e0 la suggestion de Richthofen. Il m'a dit un jour \u00e0 propos de son jeune fr\u00e8re, qui apprenait avec lui : \u00ab Il est d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s dou\u00e9. Je vais bient\u00f4t le laisser voler de ses propres ailes. Mais je crains qu'il ne soit trop agressif ; quand il a l'ennemi devant lui, il voit presque rouge. Il ne doit pas faire \u00e7a. \u00bb Richthofen \u00e9tait tr\u00e8s m\u00e9ticuleux dans le traitement de ses machines. Il v\u00e9rifiait tout minutieusement avant de d\u00e9coller. Il \u00e9tait bien conscient qu'il fallait ma\u00eetriser ses outils pour \u00eatre performant. Il ne d\u00e9collait pas tant que tout n'\u00e9tait pas en parfait \u00e9tat. Il ne connaissait pas l'insouciance qui a conduit certains jeunes aviateurs \u00e0 une mort pr\u00e9matur\u00e9e.\r\n\r\nCe n'est certainement pas un probl\u00e8me technique qui l'a fait s'\u00e9craser au sol lors de son dernier vol. Richthofen a eu beaucoup de chance. Il semblait presque prot\u00e9g\u00e9 par une force sup\u00e9rieure. J'ai vu Richthofen revenir deux fois devant Arras avec certainement plus d'une douzaine d'impacts sur son avion. Lorsqu'un autre pilote re\u00e7oit un tir dans le moteur, il peut g\u00e9n\u00e9ralement envoyer une derni\u00e8re pri\u00e8re vers le ciel, puis Dieu doit lui accorder sa gr\u00e2ce, car l'heure de la mort dans les flammes est venue. Richthofen a re\u00e7u plus d'une fois un projectile d'infanterie dans le moteur. Richthofen a imm\u00e9diatement constat\u00e9 les d\u00e9g\u00e2ts et coup\u00e9 le moteur. Un autre \u00e0 sa place aurait certainement vu son avion partir en flammes. Il semblait donc vraiment invuln\u00e9rable. Il a grandi avec le temps. Il n'\u00e9tait plus seulement le brillant combattant solitaire, le ma\u00eetre des airs qui, avec son avion rouge, \u00e9tait la terreur de tous ses ennemis et qui, d\u00e8s qu'il \u00e9tait signal\u00e9, trouvait le champ libre ; car malgr\u00e9 la forte prime que l'ennemi avait mise sur sa t\u00eate, on fuyait Richthofen et son art sup\u00e9rieur. Il devint un leader. Son escadron s'est rapidement distingu\u00e9 des autres. Il l'a men\u00e9 de victoire en victoire. Tout comme lui, ceux qui l'entouraient sont devenus la terreur des ennemis. On a alors compris ce qu'on ignorait jusqu'alors : cet homme \u00e9tait plus qu'un simple tireur d'\u00e9lite, plus qu'un esprit calme et r\u00e9fl\u00e9chi capable de prendre des d\u00e9cisions rapides comme l'\u00e9clair. Cet homme \u00e9tait un leader, l'un de ces officiers dot\u00e9s d'un talent inn\u00e9 pour le commandement. Il devint ainsi le ma\u00eetre de nombreux autres, sans le vouloir, simplement par son exemple, par ses ordres. Il finit ainsi par diriger toute une escadre compos\u00e9e de plusieurs escadrilles regroup\u00e9es. Richthofen connaissait parfaitement l'\u00e9tat de l'aviation. M\u00eame s'il n'\u00e9tait peut-\u00eatre pas\r\nun technicien accompli, il \u00e9tait parfaitement conscient des erreurs commises dans la conception des avions et donnait son avis avec calme et lucidit\u00e9. Il savait qu'il n'existait rien de parfait sur terre. Il apprenait en comparant. Il ne sous-estimait jamais l'adversaire et lui rendait toujours justice. Il reconnaissait les forces et les faiblesses de l'adversaire lorsqu'il le rep\u00e9rait \u00e0 la vitesse de l'\u00e9clair dans les airs gr\u00e2ce \u00e0 ses yeux d'aigle, qui voyaient plus loin et plus nettement que ceux d'un mortel ordinaire. Il \u00e9valuait correctement l'adversaire, ce qui lui conf\u00e9rait une grande partie de sa sup\u00e9riorit\u00e9. Il s'int\u00e9ressait de plus en plus \u00e0 l'aviation en g\u00e9n\u00e9ral, au combat a\u00e9rien dans son ensemble. D\u00e9j\u00e0, lorsque je l'ai vu dans son pays natal en ao\u00fbt dernier, il m'a dit que nous allions vers des temps difficiles, que l'ennemi, avec ses constructions, nous talonnait de pr\u00e8s et \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 sup\u00e9rieur \u00e0 nous \u00e0 bien des \u00e9gards. Il savait \u00e9valuer cela avec pr\u00e9cision. Malgr\u00e9 tout, il accomplissait toujours son devoir avec la plus grande joie, et le temps qu'il passait dans son pays natal n'\u00e9tait pour lui qu'une interruption de l'activit\u00e9 qu'il aimait tant mener contre l'ennemi. Lui, un Richthofen, avait sa place l\u00e0 o\u00f9 les Richthofen avaient toujours \u00e9t\u00e9, lorsqu'il s'agissait de d\u00e9fendre la patrie, directement face \u00e0 l'ennemi ! Dans son pays natal, des centaines de milliers de personnes ont certainement suivi avec inqui\u00e9tude le parcours de cet homme, en pensant : \u00ab Si seulement il pouvait \u00eatre en s\u00e9curit\u00e9 ! \u00bb Il ne le pouvait pas. Il me l'a dit assez souvent : \u00ab Je dois aller l\u00e0-bas, je ne peux pas rester ici. \u00bb C'est ainsi qu'il est mort, un mod\u00e8le pour les centaines, les milliers de personnes qui viendront apr\u00e8s lui et qui traverseront les airs \u00e0 bord d'avions. Incarnation du meilleur de la Prusse, noble plein d'amour pour la patrie et fid\u00e8le \u00e0 son devoir, jeune h\u00e9ros tel que le peuple se repr\u00e9sente l'officier id\u00e9al, que notre jeunesse imitera un jour. Mais il restera unique, presque inimitable. Lorsque cette guerre mondiale sera termin\u00e9e, on dira de ce jeune homme, qui n'aura connu qu'un quart de si\u00e8cle d'\u00e9t\u00e9 : \u00ab Il n'y a eu qu'un seul Richthofen ! \u00bb"},"event-type-id":{"type":"numeric","raw":"6"},"source-id":{"type":"numeric","raw":"55"},"source-long-in-event":{"type":"textfield","raw":"Ein Heldenleben, Ullstein & Co, 1920"},"pagenumber":{"type":"textfield","raw":"331"},"airplane-id":{"type":"textfield","raw":"0"},"combat-id":{"type":"textfield","raw":"0"},"event-type":{"type":"select","raw":"6"},"source-language":{"type":"select","raw":"2"},"picture":{"type":"image","raw":["https:\/\/www.meettheredbaron.com\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/573.jpg"],"repeatable":[{"raw":"https:\/\/www.meettheredbaron.com\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/573.jpg","attachment_id":17346}]}}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.meettheredbaron.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/event\/12672","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.meettheredbaron.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/event"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.meettheredbaron.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/event"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.meettheredbaron.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12672"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.meettheredbaron.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12672"}],"wp:term":[{"taxonomy":"event-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.meettheredbaron.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/event-type?post=12672"},{"taxonomy":"source-language","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.meettheredbaron.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/source-language?post=12672"},{"taxonomy":"source-id-tax","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.meettheredbaron.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/source-id-tax?post=12672"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}